Jeunesse queer et résistance par l’art : 5 films à voir au FIFDH

Du 6 au 15 mars 2026, se tient la 24e édition du FIFDH à Genève. Entre luttes et espoirs de la jeunesse queer, celle des quartiers populaires ou encore celle embarquée malgré elle dans les guerres et l’exil, voici notre sélection de films à voir parmi la riche programmation du festival.

Le FIFDH, Festival du film et forum international sur les droits humains, ouvre bientôt sa 24ème édition à Genève. Avec comme fil conducteur la question des droits des minorités, l’évènement réunit comme chaque année une sélection internationale de films et des dizaines d’intervenant·es. Alors que cette nouvelle édition s’installe dans un climat mondial autoritaire et fascisant, la programmation documente le recul de la démocratie, les nombreux conflits en cours et les restrictions de liberté croissantes, mais aussi, et surtout, les mouvement de résistance, la mobilisation collective et la solidarité qui croît.

Du 6 au 15 mars 2026, le festival s’installe dans la Maison Communale de Plainpalais et dans plusieurs cinémas de la ville, et s’enrichit de débats, tables rondes et rencontres avec les cinéastes et de nombreuses personnalités venues pour l’occasion. Pour naviguer dans l’abondante programmation du festival, nous vous proposons une sélection de cinq films que l’on se réjouit particulièrement de voir. Chacun d’eux pose un regard sur les luttes contemporaines et les espoirs de la jeunesse queer, celle des quartiers populaires, ou encore celle embarquée malgré elle dans les guerres et les migrations, qui, partout, à leur manière, trouvent une façon singulière de résister à travers l’art, la création, et la puissance émancipatrice de l’amour.

Just Kids

Comment des décisions intimes et médicales sont-elles devenues des champs de bataille politiques ? Sous couvert de protection de l’enfance ou d’ordre moral, les droits des personnes trans sont méthodiquement remis en cause. Des États-Unis à l’Europe, l’accès aux soins liés au genre est attaqué, restreint ou criminalisé, provoquant exils forcés ou mises en danger de familles entières. Ces politiques rappellent que les droits LGBT ne sont jamais définitivement acquis.

Dans le documentaire Just Kids, la réalisatrice Gianna Toboni suit trois familles étatsuniennes prises au piège de lois qui menacent leurs enfants transgenres. Elles doivent ainsi faire le choix de rester en risquant leur sécurité, ou déménager. Tourné sur un an, le film donne à entendre leurs récits quotidiens, ainsi que des voix majeures des droits civiques. Il révèle à quel point les idéologies réactionnaires ont un impact réel sur les communautés marginalisées.

La projection du dimanche 8 mars sera suivie d’une discussion, « La croisade anti-trans de Washington à Varsovie », interrogeant les formes de résistance collective à construire face à ces offensives conservatrices.

Just Kids de Gianna Toboni, États-Unis, 2025, 93’, vo ang, st fr.

Projections

Dimanche 8 mars à 14h, à l’Espace Pitoëff (Théâtre)
Forum « La croisade anti-trans de Washington à Varsovie »
Projection suivie d’une discussion avec :
• Susan Stryker, historienne, pionnière des études trans
• Flore Blancpain Filipovic, cofondatrice de l’association TransParents
• Nina Kuta, activiste et chercheuse transféministe
Modération par Tal Madesta, journaliste indépendant et auteur

Jeudi 12 mars à 21h, au cinéma Grütli Langlois

Regarder le trailer

Just Kids de Gianna Toboni, 2025

Between Dreams and Hope

Si le FIFDH se concentre essentiellement sur du documentaire, le festival propose également une sélection internationale de films de fiction explorant des questions liées aux droits humains. C’est dans cette catégorie que l’on retrouve Between Dreams and Hope, de la réalisatrice iranienne multi-récompensée Farnoosh Samadi (The Silence, Gaze, 180° Rule).

Le film raconte l’histoire d’amour entre Azad, un homme trans, et sa partenaire Nora. Alors que le couple souhaite se marier, iels réalisent que l’accord du père d’Azad est indispensable. Entre rupture familiale et retour dans un village natal hostile, on suit leur bataille pour vivre leur amour dignement. Au travers de leur histoire, on lit le courage d’une jeunesse queer aux idéaux féministes et libertaires, face à une société conservatrice et un régime violent.

Between Dreams and Hope de Farnoosh Samadi, Iran, 2025, 106’, vo farsi, st fr/ang.

Projections : samedi 7 mars à 15h30, et vendredi 13 mars à 21h, au cinéma Grütli Simon.
Ce film fait également partie de la sélection du festival Écrans Mixtes à Lyon, où il sera projeté début mars.


From Ground Zero +

Après les attaques du 7 octobre 2023, le réalisateur palestinien Rashid Masharawi a lancé le projet From Ground Zero : un film réunissant une vingtaine de très courts métrages, offrant une multiplicité de points de vue sur la bande de Gaza. Documentaires, fictions, animations, expérimental… différents formats qui démontrent la richesse des talents artistiques du territoire, et contribuent à visibiliser la parole de ceux et celles qui y vivent.

Suite au succès de ce premier projet, le cinéaste poursuit cette ambition avec From Ground Zero +, une série de sept documentaires. On y suit des Gazaoui·es utilisant l’art comme moyen de résistance face à l’anéantissement de leurs vies, de leur culture et de leur histoire, dénonçant l’occupation et le génocide par les mots, les images et les gestes. Des témoignages qui racontent la perte, mais aussi les rêves et la persévérance d’un peuple qui continue d’exister malgré les tentatives d’effacement systématique par le gouvernement israélien. Trois d’entre eux seront projetés lors du FIFDH, en présence des réalisateur·ices, une première fois le dimanche 8 mars, puis lors du forum « Gaza : résister, témoigner, créer » qui sera accompagné d’une table ronde le mardi 10 mars.

Hassan de Muhammad Al-Sharif, Palestine/France/Qatar, 2025, 30’, vo ar, st fr/ang.
Hassan, 17 ans, est contraint de traverser Gaza du nord au sud. Lors de ce déplacement forcé, il est séparé des siens. Éprouvant guerre et faim, il erre de refuge en refuge, porté par un seul désir : rentrer chez lui et retrouver sa famille.

The Wish d’Aws Al Banna, Palestine/France/Qatar, 2025, 26’, vo ar, st fr/ang.
Un jeune metteur en scène palestinien accompagne des adolescentes traumatisées par la guerre. Avec le théâtre, elles essaient de transformer leur douleur en performance, tandis que l’artiste affronte son propre deuil.

Very Small Dreams d’I’timad Washah, Palestine/France/Qatar, 2025, 21’, vo ar, st fr/ang.
Dans les camps de réfugié·es palestinien·nes, les femmes luttent chaque jour pour leur survie dans des conditions inhumaines. Privées de l’essentiel, le quotidien devient un acte de résistance silencieuse.

Projections

Dimanche 8 mars à 15h30, au cinéma Grütli Langlois, en présence de Rashid Masharawi

Mardi 10 mars à 19h30, à l’Espace Pitoëff (Grande Salle)
Forum « Gaza : résister, témoigner, créer »
Projection suivie d’une discussion avec :
• Rashid Masharawi, responsable artistique de From Ground Zero +
• Yara El Ghadban, autrice et éditrice du livre Gaza écrit Gaza
Modération par Nicolas Wadimo, réalisateur


A Fox Under a Pink Moon

Entièrement filmé à l’aide de deux téléphones, ce film documente le quotidien de la réalisatrice Soraya Akhalaghi, qui a fui son Afghanistan natal pour l’Iran. Face caméra ou téléphone à la main, elle immortalise son quotidien auprès d’un mari violent, ses tentatives de fuite pour rejoindre sa mère en Autriche, mais aussi la façon dont sa pratique artistique, du dessin à la sculpture, rythme sa vie et sublime ses peurs et ses espoirs. Ses dessins s’animent et s’insèrent tout au long du documentaire, prenant la forme d’un renard qui devient son compagnon de route, ou d’une lune rose qui veille sur elle. Le film sera projeté pour une première suisse au FIFDH, en présence de Soraya et de son oncle, Mehrdad Oskouei, co-réalisateur qui dirigea le film à distance pendant cinq ans.

A Fox Under a Pink Moon de Mehrdad Oskouei et Soraya Akhalaghi, Iran/France/Royaume-Uni/États-Unis/Danemark, 2025, 76’, vo persan/dari/turc, st fr.

Projections : samedi 7 mars à 18h au cinéma Grütli Simon (en présence des cinéastes), et jeudi 12 mars à 18h30 à l’Espace Pitoëff (Théâtre)


Belleville nous verra toujours danser

Au nord de Paris, La Perm’ accueille les adolescent·es de Belleville comme une seconde maison. Refuge et lieu de création, le local leur permet d’échapper aux violences de la police tout en résistant à la gentrification qui affecte leur quartier d’enfance. Face à une France qui les regarde de travers, ils se réunissent pour donner vie à leurs rêves et combats collectifs, notamment à travers la préparation du festival Belleville en Vrai.

Le FIFDH accueille la première internationale du film d’Hugo Sobelman, sélectionné dans la compétition Focus du festival. En tout, trois diffusions sont prévues, notamment une séance spéciale proposée en audiodescription et suivie d’une écoute de podcast, le dimanche 8 mars. Le dernier jour du festival, la diffusion ouvrira le forum « Dénoncer et abolir les violences policières ». Le panel abordera la question de la justice raciale à partir des traditions radicales noires, issues des luttes de résistances au colonialisme et à l’esclavage. À travers des commissions d’enquête indépendantes, elles appellent à imaginer un monde sans police.

Belleville nous verra toujours danser d’Hugo Sobelman, France, 2025, 87’, vo fr, st ang, audiodescription.

Projections :

Dimanche 8 mars à 15h, à Fonction : Cinéma
Projection spéciale « Les Voix de Belleville »
La séance, proposée en audiodescription, sera suivie de l’écoute du dernier épisode du podcast de la Bibliothèque Braille Romande (BBR), Le Point Son, dans lequel trois jeunes filles aveugles, scolarisées à Genève, interviewent l’un des protagonistes du film.

Mercredi 11 mars à 14h, à l’Espace Pitoëff (Grande Salle), en présence du réalisateur

Dimanche 15 mars à 18h, à l’Espace Pitoëff (Grande Salle)
Forum « Dénoncer et abolir les violences policières »
Projection suivie d’une discussion avec :
• Vanessa Eileen Thompson, activiste et professeure, commission Oury Jalloh (en vidéoconférence)
• Un·e membre du Collectif AfroSwiss et de la commission Nzoy
Modération par Noémi Michel, travailleuse culturelle et chercheuse féministe noire


FIFDH 2026, du 6 au 15 mars, à Genève (Suisse)
Toute la programmation à retrouver ici

Ne manquez plus notre Newsletter


Articles en lien



S’abonner
Notification pour

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires